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09/06/2009
Analyse rétrospective de mon évaluation
La correction de ce test n’a pas été facile, surtout pour les deux premières parties. Certains élèves ont encore de la peine à respecter les consignes et à formuler une réponse claire et précise avec leurs propres mots, ce qui complique ma tâche. Tout au long de cette correction, je me suis donc souvent posé la question suivante : Faut-il attribuer la totalité ou une partie des points à l’élève même si sa réponse ne respecte pas tout à fait la consigne et/ou ne correspond pas totalement à la réponse attendue ? Je suis en effet consciente de la subjectivité présente dans la correction d’un tel travail et je constate que les critères et indicateurs posés ne suffisent pas toujours à nous éclairer pleinement sur le nombre de points exacts à attribuer aux réponses données par l’élève. En tant que jeune enseignante, je ressens d’ailleurs toujours le besoin de me perfectionner dans la définition des critères et indicateurs. En effet, les nombreuses questions que je me suis posée tout au long de cette correction révèlent certainement un manque de précision et de clarté dans les critères et indicateurs sélectionnés. Ce questionnement intense de ma part réside cependant également dans ma volonté de ne pas pénaliser les élèves sur l’évaluation de compétences ou de savoir-faire qui n’ont peut-être pas été suffisamment travaillés en classe avant l’évaluation significative. Je pense ici notamment à la rédaction d’un texte explicatif.
Voici, avant d’analyser les différentes parties de mon test, la grille que j’ai utilisée pour évaluer les élèves :
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Objectifs |
Critères |
Indicateurs |
Points |
Seuil de réussite |
Points obtenus |
| L’élève sera capable d’utiliser les 4 mots mis à sa disposition afin de répondre correctement à la question posée. |
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8 |
5 / 8 |
/ 8 |
| L’élève sera capable de définir l’époque de production de chacun des textes.
Il sera capable de justifier ses réponses en utilisant ses propres mots. |
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8 |
5 / 8 |
/ 8 |
| L’élève sera capable de trier les différentes œuvres selon l’époque à laquelle elles appartiennent.
Il sera en outre capable de donner un élément justifiant son choix pour chacune des œuvres proposées. |
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9 |
6 / 9 |
/ 9 |
Partie A :
Cette première partie a été la plus éprouvante à corriger. La raison en est simple : les quatre verbes de la consigne ont été sélectionnés en fonction de mes attentes. Or, l’utilisation des mots par les élèves n’allait pas toujours dans le même sens que celui auquel j’avais songé lors de la rédaction de mon corrigé. L’utilisation du verbe diffuser a par exemple été problématique : les élèves se sont généralement contentés de parler de la diffusion des livres alors que nous avions insisté sur la diffusion des idées des humanistes en classe. J’ai ainsi dû trancher en décidant de n’accorder qu’une partie des points aux élèves concernés. Pour éviter ce genre de complication, il serait peut-être nécessaire de modifier ce mot par un autre mot plus précis comme humanisme.
L’utilisation du mot inventer a également posé problème chez certains élèves. Ces derniers se sont en effet contentés de faire allusion à l’invention de Gutenberg. Or, je considère qu’il est obligatoire de définir la nature de cette invention afin de répondre pleinement à la question posée, à savoir :
Pourquoi peut-on dire que Gutenberg a ouvert une ère nouvelle pour l’humanité ?
Par souci de vouloir utiliser tous les mots imposés, certains élèves ont enfin oublié la question de départ. Je me demande donc s’il n’aurait pas été plus pertinent de mettre la question juste en dessous des quatre mots proposés afin que les élèves commencent leur texte explicatif avec la question bien en tête. La mise en évidence de la question me semble en tous les cas importante, ce d’autant plus que l’exercice a semblé difficile pour les élèves.
Partie B :
Dans cet exercice, j’ai constaté que les élèves peinent parfois à faire des liens entre le texte et la réponse donnée. Ils se contentent le plus souvent de « recracher » ce qui a été vu en classe, sans aucune référence au texte. Une fois de plus, cela pose problème dans l’attribution des points, car la consigne n’est pas tout à fait respectée. De plus, nous ne sommes plus dans de l’évaluation de compétences mais bien de connaissances. Un critère qui obligerait les élèves à faire un lien explicite avec le(s) texte(s) serait donc nécessaire.
J’ajouterai que j’ai trouvé les réponses des élèves un peu sommaires. Afin de les obliger à développer leurs idées, il serait peut-être nécessaire de modifier les consignes de l’exercice. Il pourrait notamment leur être demandé de justifier l’époque de production des deux textes en les comparant. J’aurais également pu choisir un texte comportant des éléments caractéristiques des deux périodes. Les élèves auraient alors dû rédiger un texte expliquant la difficulté à l’attribuer à l’une ou l’autre période. Je suis toutefois consciente qu’il ne suffit pas de modifier les consignes pour que les élèves développent leurs idées. Cette compétence doit en effet être régulièrement exercée en classe et pourrait donc faire l’objet d’une remédiation.
Suite à ces constats, je pense donc avoir été passablement souple dans l’attribution des points pour cette partie. Ceci est d’autant plus vrai que le même genre d’exercice avait été proposé en classe sur deux textes en lien avec l’humanisme, à savoir :
Rabelais et le renouvellement du savoir et de l’éducation, (Pantagruel, VIII, 1532)
Erasme : la religion et traduction de la Bible, (préface à la traduction de l’Evangile)
Partie C :
De manière générale, les élèves ont très bien réussi cette partie du test. Le choix des images était peut-être un peu trop évident, mais je trouve que la plupart d’entre eux ont fait un réel effort au niveau de la justification. De plus, je trouve positif que les élèves puissent se rendre compte que le travail fourni au sein des travaux de groupes les deux périodes précédant le test a été fructueux pour une grande majorité d’entre eux.
Pour conclure cette analyse rétrospective de mon évaluation, j’ajouterai que ce test m’a permis de prendre conscience de la difficulté à choisir des critères et indicateurs précis et pertinents. Cette compétence est toutefois indispensable pour un enseignant. Elle permet non seulement d’être le plus objectif possible dans la correction mais aussi de gagner un temps précieux.
Analyse des résultats des élèves
Ce test a été réalisé dans une classe de 7VSG. Les élèves ont eu 45 minutes à disposition pour le faire. Selon le seuil de réussite fixé pour chacune des 3 parties, le 4 aurait dû être fixé à 16 points. J’ai toutefois décidé de le fixer à 15.5 points (= 62%) pour des raisons pratiques (voir échelle en annexe).
Avant d’analyser le tout de manière plus détaillée, je tiens à préciser que les résultats de ce test sont les meilleurs depuis le début de l’année. En effet, seul un élève est insuffisant et la moyenne de classe se situe à 4.5. Je suis donc agréablement surprise des résultats, malgré le fait que je pense avoir été assez souple dans la correction.
Comme vous pouvez le constater dans le tableau des résultats en annexe, le premier exercice a été le moins bien réussi par les élèves (12 élèves sur 20 ont atteint le seuil de réussite). Selon moi, plusieurs raisons expliquent ce résultat :
- Certains élèves n’ont visiblement pas été suffisamment attentifs en classe. En effet, nous avons consacré toute une période à l’invention de Gutenberg et à ses avantages. Les mots imposés ont peut-être augmenté le niveau de difficulté de l’exercice, mais ce dernier reste du domaine de la restitution. Je dois toutefois avouer que je m’attendais à ce que plusieurs élèves affirment que Gutenberg a inventé l’imprimerie. L’erreur en question avait déjà été commise par une élève lors du rappel effectué en collectif sur cette période. Huit élèves n’ont donc pas tiré profit de son erreur. Dommage !
- Les élèves n’ont pas été suffisamment confrontés à ce type d’exercice avant l’évaluation. Je pensais qu’ils allaient s’en sortir de par le fait qu’il s’agit principalement de restitution, mais certaines de leurs lacunes en français font notamment obstacle à la rédaction de textes.
Comme expliqué plus haut, les deux autres parties ont été beaucoup mieux réussies par les élèves. Les exercices similaires proposés en classe ont certainement contribué à ces bons résultats.
Analyse du meilleur résultat (élève 16)
Cet élève a atteint le seuil de réussite aux trois exercices. Dans la première partie du test, l’élève utilise un vocabulaire adéquat qui prouve qu’il a les idées claires. Contrairement à plusieurs de ses camarades, ses propos sont structurés, clairs et concis. Il est toutefois dommage qu’il n’ait pas décrit l’invention de Gutenberg, car cela lui a valu un 5.5 au lieu d’un 6.
Dans la seconde partie, l’élève a obtenu la totalité des points, car il résume très bien les idées du texte avec ses propres mots. Comme je l’ai déjà dit précédemment dans ce travail, je pense toutefois avoir été assez souple lors de la correction. A mon sens, l’élève aurait été capable de développer davantage ses idées. De plus, un lien plus explicite avec l’humanisme aurait été nécessaire. Je considère toutefois que j’en suis en partie responsable. Les critères et la consigne n’étaient en effet pas suffisamment précis et exigeants.
La troisième partie a également été très bien réussie par l’élève (9/9). Les justifications données restent assez sommaires, mais sont tout à fait pertinentes et complètes par rapport au temps consacré en classe à l’art de la Renaissance. De plus, il fait partie des trois élèves qui ont su préciser l’auteur du tableau choisi comme intrus. Ceci prouve qu’il a déjà une certaine culture générale de base qui n’est certainement pas étrangère à l’excellente note obtenue.
Analyse du test d’un élève ayant obtenu 4.5 (élève 3)
La première partie du test n’a pas été réussie par l’élève qui a obtenu un 4/8. Plusieurs raisons expliquent cela :
- il affirme que l’imprimerie a été inventée par Gutenberg
- plusieurs mots sont utilisés de manière incomplète
Un point aurait également pu être enlevé pour le manque de structure du texte. Les élèves ont en effet beaucoup de peine à réfléchir à l’organisation de leurs idées avant de se lancer dans la rédaction d’un texte. Dans son cas, on constate que tous les éléments importants sont présents mais n’ont pas été mis en relation. Cette précipitation pénalise donc clairement les élèves. C’est d’ailleurs pour cela que je ne leur ai pas enlevé de point supplémentaire si le texte ne formait pas un tout cohérent, contrairement à ce qui figurait dans les critères.
La deuxième partie a été mieux réussie par l’élève que la première. J’ai toutefois jugé que les deux éléments choisis pour justifier sa réponse à la première question se recoupaient. Selon moi, le texte 2 contenait en effet trois éléments bien distincts à choix :
- la liberté dont jouit l’homme
- la créativité dont il doit faire preuve (lien avec l’art)
- l’admiration du monde et du corps humain
Enfin, la troisième partie a été très bien réussie. Deux justifications étaient incomplètes ou floues, mais rien de significatif.
Analyse du moins bon résultat obtenu (élève 8 )
Selon Madame Galland, cette place aurait dû revenir à un autre élève (élève 14). Celui-ci a 2.5 points de plus que l’élève 8 mais n’a pas atteint le seuil de réussite des deux premières parties. L’élève 8 a, quant à lui, uniquement échoué dans le premier exercice. Heureusement pour l’un et malheureusement pour l’autre, le nombre de points a été décisif pour ce test.
L’élève 8 a perdu énormément de points dans la première partie (1/8). En voici les raisons :
- un verbe n’a pas été utilisé
- l’élève attribue l’invention de l’imprimante (!!!!) et de l’écriture à Gutenberg
- l’utilisation du seul mot utilisé à bon escient est incomplète
- l’élève utilise un pronom sans préciser son antécédent (ils)
Ce texte est donc largement insuffisant et le choix de certains mots totalement inadéquats. De plus, aucun lien n’est fait entre les différents éléments.
Dans la deuxième partie, l’élève utilise deux fois le même argument pour justifier le choix du texte 2 et ne précise pas le fond de sa pensée quant aux préoccupations des gens du Moyen Âge. C’est dommage, car l’élève s’exprime beaucoup mieux que dans la première partie du test et semble au point sur le sujet.
Dans la troisième partie, l’élève n’a pas su choisir les justifications les plus pertinentes. Il fait deux fois allusion aux couleurs utilisées, mais cela ne me semble pas justifié. Grâce au tableau 5, on constate en effet que l’utilisation de couleurs très différentes se faisait déjà au Moyen Âge. Le fait de ne pas voir les visages des personnages dans l’un des tableaux du Moyen Âge est enfin simplement dû au fait qu’il s’agit d’une peinture représentant une bataille. Les personnages sont donc vus de loin.
Proposition de remédiation
Il me semble qu’un travail sur les consignes s’impose. Le rôle attribué à ces dernières dans la compréhension des tâches proposées aux élèves est en effet non négligeable. Pour que ce travail soit fructueux, il faut tout d’abord que l’enseignant se remette en cause quant à sa manière de formuler les consignes. Sont-elles explicites, complètes, concises et précises ? Le vocabulaire utilisé est-il accessible aux élèves ? Une consigne ambiguë ou contenant une négation peut en effet facilement induire les élèves en erreur et les pénaliser dans le cadre d’une évaluation.
Un travail spécifique sur les consignes peut ensuite être proposé aux élèves, et ce dans l’ensemble des branches enseignées. Comme j’ai pu le constater au travers de ce test, l’élève échoue en effet encore trop souvent parce qu’il n’a pas compris la consigne, ne l’a pas lue, appliquée dans son entier et/ou n’a pas pris la peine de la relire au cours de la réalisation de la tâche.
Voici donc un certain nombre de mesures, d’exercices qui peuvent être mis en œuvre afin de pallier les problèmes relatifs à la compréhension et à la prise en compte des consignes :
- exiger le silence complet de la part des élèves au moment des consignes
- demander à un élève de reformuler la consigne donnée afin de vérifier sa bonne compréhension de celle-ci
- demander aux élèves de lister les différentes parties de la consigne
- demander aux élèves de souligner, mettre en évidence, entourer les éléments importants de la consigne
- demander aux élèves de juger de la pertinence d’une consigne
- comparer différentes réponses à une consigne et demander aux élèves de valider la bonne réponse
- construire des consignes avec les élèves
- etc.
Concernant les problèmes rencontrés par les élèves dans la rédaction du texte explicatif, je crois pouvoir prétendre qu’un travail interdisciplinaire avec le français leur serait bénéfique. Il faudrait peut-être commencer par définir la notion de mots-clés puis privilégier la rédaction de mini textes sur la base de mots-clés prédéfinis par l’enseignant ou les élèves. Au début, le travail pourrait se faire par paires afin de mettre les élèves en confiance. Un mini texte pourrait également être exigé de la part des élèves au début de chaque cours d’histoire afin d’exercer cette compétence et faire un rappel de la matière étudiée au cours précédent. Un ou deux textes seraient ensuite lus à l’ensemble de la classe et discutés. Une fois que les élèves seraient plus à l’aise dans la rédaction d’un texte explicatif court, l’enseignant pourrait leur demander de développer petit à petit leurs idées.
Je conclurai enfin en rappelant que la mise en place plus systématique de séquences de travail favorisant l’autoévaluation par les élèves de leurs compétences permettrait de leur donner davantage les moyens de progresser dans leurs apprentissages.
http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/dfj/sg-dfj/fichiers_pdf/CGE.pdf
http://aefe-ien-madagascar.mg/IMG/pdf/Pistes_consignes_GSCP.pdf
http://www.vd.ch/fr/themes/formation/scolarite-obligatoire/plan-detude-vaudois/